le manifeste

Nous sommes de cette génération venue au monde avec la certitude que la démocratie était là pour de bon. Aujourd’hui, nous devons nous battre pour la protéger.

Nous avons grandi avec la liberté d’aller et de venir dans nos villes, dans nos campagnes, avec la possibilité de prendre la parole, d’être écoutés et que nos idées soient respectées. Nous avons bâti nos vies en ayant à l’esprit que rien ne nous serait donné mais que tout nous était possible, que l’effort faisait loi et que chacun était libre d’être lui-même. Avec à l’esprit l’évidence qu’en étant libres, forts de la diversité de nos parcours et de nos rêves, nous avions aussi quelque chose à construire ensemble : un projet, un avenir. 

Mais aujourd’hui, nos droits sont entravés. Nos libertés sont restreintes chaque jour davantage. Le soupçon est désormais la règle. Il empoisonne la vie commune. L’antiracisme est déserté, quand il n’est pas taxé d’être raciste lui-même. Le féminisme est souvent, lui aussi, caricaturé, méprisé et mis au banc des accusés. Le réchauffement climatique ne suscite pas de réponse à la mesure de l’urgence quand il n’est pas tout simplement remis en question à la moindre difficulté. La solidarité n’est plus une valeur partagée et les associations d’aide aux plus démunis sont désemparées. L’état d’urgence n’est plus une exception ponctuelle : il est devenu une loi d’airain. Nous devons désormais nous battre pour défendre ce que nous pensions acquis, ce qui imprégnait nos vies : la démocratie et l’État de droit.

Nous sommes entrés en politique avec la conviction que pour construire une société plus juste, il fallait mieux partager le pouvoir. Voilà qu’aujourd’hui nous devons nous battre pour contrôler les abus qui sont la conséquence d’une trop grande confiscation du pouvoir. 

Le droit de bâtir sa vie exige que le pouvoir de se nourrir, de se loger, de se former et de s’instruire, de travailler, de se reposer et de se soigner soit garanti pour tou-te-s.

Le droit de mener une vie libre exige de pouvoir s’affirmer sans être pointé du doigt pour ce que l’on est, se déplacer sans avoir peur, s’imaginer une autre existence ou la préserver sans entrave. 

Le droit d’influer sur le destin de notre pays suppose que chacun, quelle que soit son origine, sa couleur de peau, son lieu de résidence, sa condition sociale, son genre ou son orientation sexuelle, ait le pouvoir de prendre la parole publiquement et d’être entendu, qu’il se soit organisé spontanément, en collectif citoyen, en tant que militant ou quelle que soit la forme de son engagement. 

Partager le pouvoir avec les citoyen-ne-s, engager le dialogue avec une partie de la société qui ne demandait que cela pour être restée tant d’années au bord du chemin : c’était la promesse d’un candidat arrivé au pouvoir en 2017. Une part d’entre nous y a cru, en toute sincérité, portée par des mots rassurants qui alimentaient une vague de confiance en un avenir meilleur.

Nous savions que le chemin serait long : passer d’une démocratie juridique, théorique, à une démocratie réelle nécessite du temps et de la volonté. Cela allait susciter sans grande surprise la résistance de ceux qui exercent déjà ce pouvoir et qui n’ont guère d’intérêt à mettre fin à cet entre soi délétère : politiques, haute administration ou lobbies économiques. Mais une opportunité de ré-enchantement du contrat social se dessinait, laissant espérer l’aube d’une ère nouvelle.

L’histoire nous donnait confiance autant qu’elle semblait nous donner raison : la sécurité sociale est née de cette façon d’agir. Elle a permis à beaucoup d’avoir enfin la maîtrise de leur existence. Elle a protégé la démocratie des menaces qui pesaient sur elle, partant du constat que les populismes conduisant aux guerres étaient alimentés par les inégalités sociales. Après parfois bien des détours et des luttes, la force était allée à la justice.

Mais où est le pouvoir aujourd’hui ? 

Le pouvoir est du côté de l’accumulation des richesses, de ceux qui bénéficient sans cesse de nouvelles réductions d’impôts et de charges non conditionnées à la création d’emplois et de valeurs. Entre les mains des professionnels de l’optimisation fiscale quand ce n’est pas simplement de l’évasion dans les paradis fiscaux. La pauvreté a bondi depuis le début de la crise sanitaire. Le nombre de milliardaires aussi.

Le pouvoir est avec ceux qui exercent la force, sans avoir à rendre de comptes. Il arrive même qu’il s’exerce à coup de matraques.

Le pouvoir est entre les mains de ceux qui se croient maîtres et possesseurs de la nature. Ils sont en train d’épuiser les ressources naturelles de notre planète et d’hypothéquer l’avenir de nos enfants.

Le pouvoir, sûr de lui, s’exerce entre technocrates dans l’ombre des bureaux de la Haute Administration, ces inamovibles de la République qui préfèrent tirer les ficelles, loin de la lumière. Il se satisfait pleinement de l’entre soi qu’il entretient inlassablement, loin des réalités vécues par les citoyen-ne-s de notre pays, notamment les plus fragiles. Il aboutit invariablement à la mise en œuvre des mêmes politiques inefficaces et injustes.

Aujourd’hui, le pouvoir n’engage pas le dialogue. Il reste sourd à ceux qui ont défendu leur dignité sur les ronds-points, dans nos campagnes, dans nos quartiers populaires et dans nos rues. De la même manière, il reste sourd aux revendications des corps intermédiaires qui connaissent pourtant les contraintes de chaque secteur.

Où en est le pouvoir aujourd’hui ? Se sentant menacé par la rue, par ceux-là même qu’il méprise, le pouvoir refuse aujourd’hui le contrôle. Pour cela, il affaiblit les contre-pouvoirs. Il tourne le dos à ceux qu’il doit protéger.

Le pouvoir prétend garantir l’ordre ; il crée les conditions du désordre. Que fait-il pour rassurer ceux qui s’inquiètent ? Le pouvoir promet la sûreté d’une main ; mais il insécurise de l’autre. Il durcit l’accès aux allocations chômage, il dérégule le droit du travail. Il affaiblit le dialogue social. Il précarise nos retraites. Il abandonne nos soignants. Il délaisse nos enseignants. Il néglige nos jeunes. 

Nous nous sommes battus contre la corruption et la fraude fiscale qui grèvent les recettes publiques.

Nous nous sommes battus pour que les jeunes, pauvres parmi les pauvres, aient accès à un revenu minimum d’existence. 

Nous nous sommes battus pour que les droits des femmes progressent. 

Nous nous sommes battus pour que tou-te-s nos concitoyen-ne-s soient égaux.  

Nous continuerons de mener ces combats, car nos convictions et notre énergie sont intactes. Ce sont ceux qui exercent le pouvoir qui ont changé, qui se sont durcis. Bâtir une société plus juste est notre ambition ; la démocratie est le seul moyen pour y parvenir. 

C’est parce que nous ressentons le besoin d’un rassemblement de toutes celles et ceux qui se battent pour que la démocratie soit renforcée et le pouvoir mieux contrôlé que nous avons créé Les Nouveaux Démocrates. Nous croyons que c’est en partageant le pouvoir que nous surmonterons les crises d’aujourd’hui et demain. Nous portons un programme ambitieux en faveur de la justice sociale, climatique et raciale et pour que nos concitoyen-ne-s puissent enfin véritablement participer à la vie économique, civique et politique de notre pays. Nous voulons édifier une démocratie exigeante, dans laquelle ceux qui exercent des responsabilités représentent l’ensemble de la société. Nous souhaitons que ceux qui exercent ces responsabilités soient contrôlés et amenés à rendre des comptes. Nous souhaitons une société où les droits humains soient, en toute circonstance, vraiment respectés et où chacun puisse trouver sa place et jouer pleinement son rôle.

À nous de choisir !

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